Coldcut
Jonathan More et Matt Black de Coldcut ont toujours été en avance sur leur temps... Depuis 1987 avec leur premier single radical « Say Kids, What Time is it ?' - le premier enregistrement crée avec des échantillons en Angleterre - au développement de leur propre logiciel d’échantillonnage vidéo, VJamm, Coldcut a brouillé et défié les règles du zentertainment – en ignorant constamment les limites et en essayant sans répit de nouvelles techniques. L'ancien professeur d'art Jonathan More et le programmeur informatique Matt Black font équipe depuis le milieu les années quatre-vingt, DJing sur les stations pirate, jouant dans des clubs légendaires comme le Shoom. Ils font d'abord équipe sur la radio pirate Kiss et débutent leur émission « Solid Steel », après la sortie de « Say Kids », qui ouvre la voie à « Pump Up The Volume » de MARRS. En 1987, Coldcut définit le terme « Remix » sur 'Paid in Full' de Eric B et Rakim, en coupant et collant la voix de la chanteuse israélienne Ofra Haza dans un rework notoire devenu depuis un classique mondial. Le talent de Coldcut dans le remixage et la production est récompensé par le prix des « Producteurs de l’Année » de la BPI en 1990. Leur premier album, « What's That Noise » devient disque d’argent. Ninja Tune est conçu pendant un voyage au Japon où Mat et Jon font une découverte : « nous avons trouvé un livre pour découper et conserver des Ninjas. Ils construisent ces maisons stupéfiantes où ils ont des pièges spéciaux et donc ils peuvent disparaître et reparaître ailleurs. Tout n’était que ruse et identité cachée. » Ils concluent le premier engagement majeur du label en 1993 avec l'album « Philosophy » contenant la ballade « Autumn Leaves » - un jazz français éternel, qui précède le courant « French Connection » actuel, parfaitement illustré par Air, et l'émergence de l’« easy listening » comme quelque chose de cool. Les 3 années suivantes se passent en créant lentement l'organisation underground Ninja.
La réputation de Ninja Tune grandit à travers la collection « Jazz Brakes » par l’omniprésent DJ Food, un mix unique, exclusivement instrumental aux racines de break, riffs de jazz, rythmes latinos, dub, hip hop. « Nous avons inventé Food comme présentation d’une série breakbeat » - rappelle Jon « et sans le réaliser nous avons semé les graines de ce qui est devenu le trip-hop. » Coldcut réunissait autour d'eux de jeunes DJ et musicien ouverts d’esprit et les ont fait pousser. Le résultat est une collection d’artistes innovants et mûrs, qui inclut le old skool de London Funk Allstars, le jazz fusion hip-hop de The Herbaliser, les contorsions pervbeat de Funki Porcini, les rythmes slo-mo abstraits de DJ Vadim, le son latin de Up, Bustle and Out et plus récemment, les sons venus d’ailleurs de l’inimitable M. Scruff. Aussi les amateurs de scratch Kid Koala, Chocolate Weasel et l’ambassadeur de l’Ambient Mixmaster Morris. En octobre 1995, Ninja Tune lance presque par accident le club le plus branché de la ville. La soirée organisée pour le lancement de « Recipe For Disaster » de DJ Food au Blue Note de Londres rencontre un tel succès qu'ils continuent avec une mensuelle : Stealth. Pour la première fois tous les DJ Ninja jouent ensemble au même endroit. En 1996 Stealth est élu « Club de l'Année » par NME, The Face et Mixmag. Peu de temps après, Coldcut décide d'arrêter Stealth au sommet de sa gloire : « Toutes les bonnes choses ont une fin » commente Jon. Coldcut fait toujours son émission légendaire « Solid Steel » sur Kiss tous les samedis continuant le mix traditionnel et primé ; y compris une récompense Sony pour le Specialist Show. Leur album « Journeys By DJ' mix album, 70 Minutes of Madness » est accueilli chaleureusement par la presse. En mixant le thème Dr Who dans Red Snapper, ou en sautant habilement de Harold Budd à Mantronix puis à Photek, l’album est élu album de l'année chez Muzik, Mixmag et Melody Maker et meilleure compilation de tous les temps par Jockey Slut, 1998. « Nous mixons le plus large éventail de sons possible, et cumulons le plus grand nombre d’activités possibles », décrivant les activités du label Ninja : d’où Stealth, « Solid Steel », « Journeys By DJ » le site Web historique Pipe d’abord conçu par Coldcut en 1995 et des expérimentations multimédia avec Rob Pepperell ou Hex. Etape suivante dans les activités de DJ manipulant plusieurs sources sonores et visuelles : la création d'une synthèse entre l’image et le son en Live. Coldcut développe l'interactivité avec des morceaux de jeux et d'art. Parmi les premières expérimentations, on trouve le jeu vidéo « Top Banana » et une collection CD Plus, format mis au point par Hex. En 1996, Coldcut et Hex développent « Generator » pour la Galerie d'Art Moderne de Glasgow et créent également « Synopticon » pour JAM, une œuvre importante exposée au Barbican Center de Londres. Coldcut mélange l'art et la musique. C’est durant cette période que Matt Black met au point le concept de VJing dans plusieurs soirées comme les légendaires Telepathic Fish, Sabresonic et The Big Chill. Il commence à concevoir ce qui deviendra le logiciel VJamm. En passant le début des années 90 à construire ces mixages d'activités avant-gardistes, Coldcut prépare sa propre évasion musicale. Dans le studio et hors du studio, toutes ces expériences sonores et visuelles commencent à prendre un sens et une forme. En janvier 1997, Coldcut sort son premier single depuis 3 ans, « Atomic Moog 2000 ». Le CD single inclut une vidéo de scratch avec Hex « Natural Rhythm », qui doit être vue pour être comprise et qui passe sur MTV Europe. Inéligible pour le singles chart du Royaume-Uni en raison d’une vidéo sur format CD, « Atomic Moog » est propulsé N° 1 dans les charts Indie ALBUM, un résultat typique de Coldcut !
En 1997, Coldcut sort son quatrième album, « Let Us Play » le premier pas de leur propre label Ninja. Un single – « More Beats and Pieces »- une célébration radicale de leur influence classique des années 80 créditées avec « inventing Big Beat », sort, atteignant la 37ème place au hit parade CIN singles. C'est une véritable leçon de mix et fait l’effet d’une bombe atomique dès sa sortie (N° 1 au DJ Big Beat chart), avec plusieurs versions de Tortoise, T Power et Kid Koala. L'album atteint la 34ème place du hit parage d'album CIN, et inclut des collaborations avec Jello Biafra, ex-Dead Kennedy, le légendaire batteur de funk Bernard Purdie, les stars montantes Jimpster, l’activiste ambient Bongo, le poète Salena Saliva et - une des plus grandes inspirations de Coldcut - Steinski. L'album se vend avec un CD-ROM gratuit, avec les clips de 8 morceaux, des infos rattachées, des jeux et des jouets de création musicale iconoclastes. Elu meilleur CD-ROM de tous les temps par plusieurs magazines. « Timber », le troisième single de « Let Us Play », sort en février 1998, une collaboration avec Hex. « Timber » est un collage audiovisuel unique, pas une piste audio ou vidéo, mais des deux. Ce que tu vois et ce que tu entends : dans « Timber » toutes les composantes du son coexistent avec leurs sources vidéos ... le résultat : une intimité de stimulation sensorielle qui est fascinante et hypnotique. A ne pas rater : le solo de tronçonneuse ! « Timber » est aussi une chanson de protestation, faisant campagne pour la fin de la déforestation industrielle : Greenpeace leur cède des images pour « Timber ». La pochette en papier recyclé de « Timber » gagne le prix de la meilleure présentation vidéo de MCM et reçoit un accueil unanime par la critique internationale. Depuis « Timber » est essentiellement un morceau audiovisuel. Coldcut fait faire quatre remix vidéos par des éditeurs comme EBN, qui sont bien connus pour leur travail avec U2 « ZooTV ». Bien que crucial pour le concept du single « Timber » ces vidéos supplémentaires rendent le CD inéligibles pour les charts de singles. Autre résultat typique de Coldcut : « Timber » entre dans le livre Mondial Guinness des records pour le plus de remix vidéos d'un single en 1999 ! Pour promouvoir leur travail live, Coldcut conçoit son propre logiciel VJ/DJ VJamm, en permettant la re-création en direct des morceaux audiovisuels entiers. La vidéo peut maintenant être jouée ou scratchée aussi facilement que le son… tendance confirmée par plus de 100 dates de tournée dans les 3 dernières années. Coldcut appelle le spectacle CCTV ; les principaux événements sont la « Sonar » de Barcelone, le festival de Jazz de Montreux et Glastonbury Dance tent. Plus récemment, on a pu les voir en spectacle à Creamfields (Liverpool et en Belgique), Roskilde, le Queen Elizabeth Hall (comme la partie de Meltdown de John Peel), la soirée d’ouverture du Steve Reich remix project à New York et le Festival de film numérique Darklight à Dublin – pour n’en citer que quelques-uns. Peel est d’ailleurs un fidèle partisan et Coldcut a fait 3 sessions de Peel jusqu'à présent. En janvier 1999, Coldcut sort un album de remix « Let Us Replay ». En développant le côté multimédia, il inclut un CD-ROM gratuit contenant un logiciel appelé VJamm, qui loope, scratche et coupe des échantillons audiovisuels. C'est le même logiciel que Coldcut utilise pour son spectacle live et qui place le collage audiovisuel au rang d’une nouvelle forme d'art. Les utilisateurs de cette version gratuite peuvent remixer des vidéos de Coldcut en appuyant tout simplement sur un bouton. Coldcut sort ensuite la version complète du logiciel VJamm sur le site Web www.ninjatune.net, - et passe une année à visiter l'Australie, l'Europe, New York et le Royaume-Uni pour expliquer au public ce que « what you see is what you hear » signifie avec le logiciel VJamm. L’American Museum of Moving Image accorde une place permanente aux projections de VJamm dans sa salle de jeux interactifs. La décennie touchant à sa fin, le « Tomorrows World » de la BBC défie Coldcut de créer un morceau sur Internet en moins d'une heure. En utilisant la technologie de studio virtuel Resrocket, le défi est relevé par les musiciens « improvisant » ensemble en temps réel à Londres, San Francisco, en Afrique du Sud et à Los Angeles. Coldcut passe le reste de l'année à développer du contenu audiovisuel pour Internet sur sa chaîne de télévision expérimentale : piratetv.net. Cette chaîne émet des informations en continu sur l'activisme vidéo, avec des improvisations musicales créées par les invités dans le studio. Cela se termine par la diffusion d’un set complet de Coldcut dans le confort de son studio Londonien Spacelab, diffusé sur le net et en simultané au festival des jeunes auteurs Electrofringe Squigital à Newcastle, en Australie. En mars 2000, Coldcut est invité à rejoindre la nouvelle station de radio de la BBC, London Live. Leur nouvelle émission, comprenant un mélange de leurs propres mix et de ceux de leurs invités est diffusée chaque lundi soir sur le site www.bbc.co.uk/londonlive de 23h à 1h (heure française). Dans une période cruciale qui a vu le hip hop, la house, la techno et la jungle toucher le grand public, Coldcut, montre toujours le chemin. Leurs productions novatrices en CD-ROM ont élevé ce format aux catégories les plus hautes, et la devise « fuck dance let's art » résume bien leur synthèse d'art et de culture. Ils travaillent actuellement sur un nouveau logiciel, de la musique et des installations d'art.
Coldcut utilise un Evolution UC-33 pour contrôler Ableton Live.






